CONTRIBUTION : D-MEDIA : Les dérives d’un « nouveau riche » arrogant et mesquin

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Bougane Gueye Dany - PDG Groupe D-Media

Le groupe Dmedia est à la croisée des chemins. Ce jeune groupe de presse traverse une situation dramatique du fait de dérives d’un nouveau riche, qui a fini d’étaler toute son arrogance et son manque d’humanité. Bougane Guèye, Pdg du groupe Dmedia a volontairement plongé son groupe dans une situation inconfortable, suite à l’installation de la section syndicale Synpics le 14 Juillet dernier. Ainsi, depuis cette date, des actes allant dans le sens de museler la section ont été posés par la Direction générale les uns après les autres.

Bougane Gueye Dany - PDG Groupe D-Media
Bougane Gueye Dany – PDG Groupe D-Media

Acte 1 : Bougane a tenu une réunion de crise le 19 juillet 2017, avec les responsables du groupe. Au cours de cette réunion M. Gueye a soutenu qu’il n’était pas contre l’installation de la section, mais ce qui lui fait mal, c’est de n’avoir rien vu venir. Car, selon lui, il a des « oreilles » partout.

Acte 2 : L’ancien employé du groupe Walfadjri a tenu une réunion le 21 juillet avec les rédactions de Zik Fm / Sen Tv et du quotidien la Tribune. Cette fois-ci, le patron de Dmedia est allé dans des menaces et intimidations. C’est au cours de cette réunion qu’il a révélé avoir fêté son premier milliard en 2006. Qu’à cela ne tienne. Bougane a déclaré que « tous les journalistes sont pauvres et aigris, parce qu’ils sont méchants ».

Acte 3 : Suite à ces réunions, les choses se sont accélérées. Le 25 Juillet, la Direction générale a notifié à deux membres du bureau de la section en l’occurrence Paul Abraham Emanuel Pouye et Papa Amadou Sy, respectivement porte-parole et secrétaire administratif, la fin de leur contrat. En effet, ces deux reporters, tous sortis du Cesti, ont signé des Cdd de deux ans en février 2017 après avoir bouclé un contrat d’engagement à l’essai de trois mois renouvelable une seule fois. Moins de dix jours après l’installation de la section, nos camarades ont reçu une notification de fin de contrat. Pire on leur a servi des contrats autres que ceux qu’ils avaient paraphés. Le comble dans tout cela a été l’imitation de la signature des deux reporters afin de produire un contrat de type hybride qui n’ont rien à voir avec les contrats initialement signés. Ce qui est une violation grave de la législation du travail et du Code pénal qui punit le faux et l’usage de faux en écriture privée. Ces dérives gravissimes méritent d’être dénoncées et l’ont été.

Acte 4 : Bougane ne s’est pas arrêté en si bon chemin car par lettre en date du 24 Juillet, le « nouveau riche » ou notre Crésus a pris la décision suicidaire, inhumaine et illégale d’envoyer tous les salariés du journal la Tribune en chômage technique. Le ridicule ne tue pas dans notre pays. Jamais dans l’histoire de la presse sénégalaise, on a envoyé des journalistes en chômage technique à cause de difficultés financières. Cette incongruité qui viole allègrement l’article L 65 du code travail, est à la dimension des carences intellectuelles et morales d’un homme qui s’est donné l’ignoble défi d’écraser des journalistes qui n’ont de tort que d’être syndiqués.

Acte 5 : En plus de cela, deux autres membres du bureau de la section ont été extirpés de la rédaction centrale pour être affectés dans les antennes locales de Dmedia dans la banlieue. Il s’agit d’Assane Fall, cadreur à la Sen Tv et secrétaire chargé des revendications de la Section, affecté à Keur Massar sans aucune mesure d’accompagnement et de Mambaye Ndiaye, Journaliste, présentateur Zik fm/ Sen Tv non moins, Trésorier général de la section Synpics du groupe Dmedia , affecté quant à lui à l’antenne de Pikine.

A la lumière de ce qui précède, il est loisible de constater que tous ces actes ignobles et immatures ne sont rien d’autres que des représailles suite à l’installation de la section Synpics de Dmedia. Ce qui est une entrave grave à la liberté syndicale consacrée par la Constitution, les Conventions internationales et le Code du travail.

En effet, l’article L 29 du code du travail dispose : «Il est interdit à tout employeur de prendre en considération l’appartenance à un syndicat ou l’exercice d’une activité syndicale pour arrêter ses décisions en ce qui concerne notamment l’embauchage, la conduite et la répartition du travail, la formation professionnelle, l’avancement, la rémunération et l’octroi d’avantages sociaux, les mesures de discipline et de congédiement.
Le chef d’entreprise ou ses représentants ne devront employer aucun moyen de pression en faveur ou à l’encontre d’une organisation syndicale quelconque. Toute mesure prise par l’employeur contrairement aux dispositions des alinéas précédents sera considérée comme abusive et donnera lieu à dommages-intérêts».

Nous prenons en témoin l’opinion nationale et internationale face à cette injustice et nous interpellons l’Etat, au premier chef le président de la République, le ministre de la Communication et son collègue du Travail, d’assumer toutes leurs responsabilités face à cette situation. Nous combattrons au prix de nos vies cette forfaiture qui n’honore pas la presse sénégalaise.

Vive la liberté syndicale
Vive la liberté de la presse
Fait à Dakar, le 10 aout 2017

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