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Le recul des ventes de presse est une problématique mondiale. Cette crise est avant tout le fait de la révolution numérique qui affecte tous les supports écrits de l’information. L’essor formidable de l’Internet est une variable dont il faut tenir compte dans la réforme du système de diffusion des journaux. Il s’agit pour les entreprises de presse de se remettre en cause pour mieux réussir la transition numérique. Le basculement des journaux vers le numérique apparaît donc comme une évolution irrésistible qui ne peut être contournée ou différée. A l’ère du numérique, ce mode de fonctionnement est contre-productif. Il reste que si Messapresse veut continuer à exercer dans ce secteur, elle doit se réajuster pour s’adapter au nouvel environnement du marché.

Pour Laurent Boin, directeur général de Messapresse, la structure qu’il dirige a besoin de revenir à l’équilibre, elle flirte avec 80%, la proportion de ce qui reste globalement après les ventes, en ce qui concerne la presse nationale. « Si un éditeur imprimait 5000 journaux et en vendait 2000 il y a quelques années, il devrait réduire le tirage à 1500 aujourd’hui s’il n’en vend plus que 500 exemplaires ». Selon Haman Mana, Président de la Fédipresse (la Fédération des Éditeurs de Presse du Cameroun), cette association s’active à trouver une solution à ce problème de distribution de la presse. « La décision, ou l’intention de Messapresse de ne plus distribuer la presse locale survient dans un contexte où le réseau en place était déjà rendu à un niveau presque résiduel. Il explique qu’à Yaoundé par exemple, plus de deux millions d’habitants, on n’avait plus que huit points de vente approvisionnés. Chacun peut constater le manque d’exposition dont est victime la presse camerounaise ». Le président a poursuivi en indiquant que seul l’Etat, dans son rôle peut apporter les moyens qu’il faut, pour que la plus grande majorité de ses citoyens soient informés sur les enjeux de la vie nationale, afin d’exercer en toute maturité, leur devoir de citoyen. Dans l’essentiel des pays où l’équilibre du citoyen est un souci, l’Etat participe de manière directe ou indirecte à cette mission ». Pour sa part, Hozier Nana Chimi, éditeur de La Voix Du Paysan : « La particularité de notre système de distribution est ainsi inhérente à notre cible première : le monde rural. Nous disposons de notre propre réseau. On ne peut pas compter sur Messapresse pour que le villageois ait son journal. L’essentiel de notre distribution se fait par abonnement surtout pour les zones enclavées et 30% du journal est vendu au numéro dans les kiosques à journaux ».

Le directeur de publication du journal INTÉGRATION, Thierry Ndong, souligne que la distribution du journal dans les kiosques n’est pas toujours assurée de façon satisfaisante : livraison tardive, quantités livrées pas toujours en phase avec la demande, etc. parlant du paiement, vous ne comprendrez jamais la base des calculs utilisée par Messapresse et très rarement. De plus, il impose aux éditeurs un contrat d’exclusivité dans la vente des journaux en kiosque. Pour minimiser les difficultés rencontrées, selon Thierry Ndong, nous mettons l’accent sur la vente par abonnement, par ailleurs, nous expérimentons avec beaucoup de succès le vente directe du journal en version numérique ( Pdf).

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